
Narbonne devient un des plus grands ports de commerce méditerranéen, et est située au carrefour des deux grandes routes romaines : la voie Domitienne, construite en 120 avant J.C qui relie Rome à lEspagne, et la voie Aquitania partant de Narbonne vers Toulouse et Bordeaux.
Les campagnes alentours sont partagées en grands domaines agricoles, on y cultive le blé, lolivier et la vigne qui produit des vins réputés.
Narbonne connaît une période de splendeur au deux premiers siècles de notre ère, lorsque les ressources du terroir ainsi que les carrefours routiers et maritimes furent exploités intensivement.
Ils occupent Narbonne en 462 et en font la capitale de la Septimanie ou Gothie, immense province wisigothique sétendant du sud de lEspagne à la Loire. La domination wisigothe sur Narbonne dure deux siècles et demi.
En 718, les sarrasins, dans le cadre de lexpansion de lIslam, prennent Narbonne et la région. Cette domination dure une quarantaine dannées, en 732 Charles Martel les bat à Poitiers, et en 759 Pépin le Bref délivre Narbonne.
En 801, la Septimanie fait partie intégrante du domaine FRANC.
La prospérité commerciale retrouvée dans une Europe renaissante, ainsi que la réactivation du port amènent au XIIème siècle lémergence dun troisième pouvoir, celui de la bourgeoisie marchande et de ses consuls.
Ces consuls, célèbres tout au long de lhistoire de Narbonne, sont choisis au sein des grandes familles urbaines, et associés au gouvernement de la ville.
Poètes et troubadours écrivent en langue doc, langue alors en usage dans les pays du Midi, et reçoivent la protection des seigneurs qui les accueillent dans leurs châteaux.
Narbonne est alors une ville commerçante mais aussi drapière, avec toute une population dartisans et douvriers liés à cette activité. A cette époque, la population de la ville est estimée à 30 000 habitants environ.
Au 12ème siècle se répand sur la région une doctrine religieuse venue dOrient : le CATHARISME.
Ses adeptes prônant lhumilité et une conduite exemplaire, se désintéressent des richesses et consacrent leur vie à essayer de libérer lhomme des forces du mal.
Dans le Midi, où lon reproche à léglise et à son clergé sa trop grande richesse, sa corruption et son immoralité, le catharisme fait de nombreux adeptes dans toutes les couches de la société.
Léglise catholique condamne cette doctrine qui pour elle nest quune hérésie, et le pape donne le signal dune croisade destructrice en 1208.
Les seigneurs du Nord de la France, souvent peu fortunés, sont attirés par les richesses du Midi, et répondent avec empressement à cet appel. Larmée des croisés va mettre la région à feu et à sang pendant plusieurs années. Destruction de Béziers, soumission de Narbonne, prise de Carcassonne
A la tête des chevaliers français, Simon de Montfort devient le maître de la région. Il sera tué en 1218 alors quil assiège Toulouse.
Linquisition, tribunal ecclésiastique, fera disparaître lhérésie cathare en condamnant ses adeptes au bûcher. Au lendemain de la croisade, la région devient française et entièrement soumise à lautorité de roi de France, représenté par un sénéchal à Carcassonne.

Ce climat dinsécurité provoque un ralentissement de toutes les activités économiques.
Vers 1350, Narbonne est privée du passage de lAude, par suite de graves inondations et dune rupture dun barrage en amont, qui permettait de maintenir le cours du fleuve vers la ville et son port. Celui-ci sensable et entame dès lors un déclin irréversible.
Ces années sombres entraînent une chute de la population de la ville qui diminuera entre 5 000 et 10 000 habitants.
En 1359, l'ordonnance de Villers-Cotterêts impose l'usage du français dans tous les actes officiels, ce qui portera un rude coup à la Langue d'Oc, qui continuera à être utilisée toutefois comme langue populaire.
En 1681, est ouvert le CANAL du MIDI, qui permet de joindre la Méditerranée à la Garonne. Cet ouvrage qui facilite la circulation et les échanges, traversera la région mais ne passera pas par Narbonne. PAUL RIQUET, concepteur du canal, en détournera le tracé au Nord vers Béziers, sa ville natale, et vers le port de Sète . Un canal de jonction reliant Narbonne au Canal du Midi sera construit, mais beaucoup plus tard et trop tard, il sera inauguré seulement en 1787.
Du 14ème au 18ème siècle, Narbonne restera presque totalement à l'écart de la prospérité générale du royaume. Enserrée derrière dépaisse muraille, elle tiendra pendant tout ce temps le rôle dune Place Forte Militaire, proche de la frontière espagnole, et surtout, demeurera jusquà la révolution une ville ecclésiastique, siège de larchevêché.
A la veille de la révolution, l'artisanat ne produit que pour la consommation locale, et seule trois industrie existent : une manufacture de laine, une manufacture de soie et une tuilerie. La ville ne compte que 9000 habitants.
Narbonne se verra également privée de son siège archi-épiscopal, puisqu'un seul sera maintenu par département, et pour l'Aude ce sera aussi Carcassonne.
Dans le pays Narbonnais, la révolution se déroule sans doute comme dans toutes les régions loin de Paris, et loin des soubressots vendéen ou frontaliers. Par contre Le clergé perdra beaucoup, dépouillé de ses biens, c'est la bourgeoisie et les familles déjà aisées qui en prendront possession.
A partir de 1810, la sécheresse du climat et la faiblesse des rendements vont orienter le monde agricole vers la vigne, activité plus lucrative et demandant moins de main d'uvre.
De 1789 à 1850, la surface de la vigne dans l'arrondissement Narbonnais ainsi que dans toute la région, va tripler. A partir de cette date, la viticulture va rythmer la vie du Midi.
Les retombées de cette prospérité viticole vont être bénéfiques au développement du Narbonnais. Le développement de la vigne va faire bondir la démographie (17 000 habitants en 1870), et de la région.
Les remparts qui empêchent la ville de s'étendre commodément vont être détruits, ce qui va en changer grandement l'aspect.
Cette prospérité sera aidée par l'avènement du CHEMIN DE FER, Narbonne devient en 1857 un nud ferroviaire au croisement des lignes Perpignan-Montpellier et Narbonne-Toulouse.
Cette monoculture est toutefois source de crises, surtout lorsque la qualité du vin est sacrifiée au profit de rendements élevés. Crises de sur-production, chute des cours, entraînant la misère des vignerons sont à l'origine de divers événements.
Les plus significatifs étant ceux de 1907, où de grandes manifestations, sous la conduite de Marcelin ALBERT et Ernest FERROUL, maire de Narbonne, vont secouer toute une région. Clémenceau, alors ministre de l'intérieur fera intervenir l'armée, qui tirera sur la foule à Narbonne, provoquant des scènes d'émeutes et la mort de 5 manifestants.
En 1870, avant même la chute de Napoléon III et de l'empire, Narbonne élit une municipalité républicaine avec comme maire MARCELIN COURAL.
En 1871, Narbonne est l'une des rares villes de France (avec Limoges, Lyon, Marseille, Toulouse et Saint Étienne) où est déclarée une COMMUNE, sur les pas de l'insurrection parisienne et en réaction à la trahison du gouvernement bourgeois de Versailles. Cette Commune est dirigée par ÉMILE DIGEON et dure du 25 au 31 mars 1871. La Commune de Narbonne prend fin avec l'assaut donné par l'armée aux ordres de Thiers, mais les négociations préalables entre les deux parties permettent d'éviter l'affrontement.
Le premier groupe socialiste de Narbonne
est fondé en 1882. Rapidement les socialistes deviennent
la première force politique de la ville, ERNEST FERROUL
en devient la figure emblématique.
Il sera élu maire de Narbonne en 1891, 1894 et de 1900
à 1921. Il décédera en fonction le 29
décembre 1921.
De 1877 à 1884, le Narbonnais est épargné par une nouvelle maladie causée par le phyloxéra, et continue de s'agrandir.
L'essor de la viticulture entraîne un déplacement de main d'uvre de l'industrie vers l'agriculture, ainsi qu'un accroissement de la population grossie par une forte immigration des régions montagneuses de l'Est du département.
44 000 audois, pour la plupart des
ruraux, sont mobilisés, en général dans
l'infanterie, particulièrement exposée lors des
combats.
11 343 audois, soit 25 % du total des mobilisés,
périssent au front.
La scission intervenue au Congrès de Tours dans la famille socialiste oblige les socialistes Narbonnais à se déterminer. Le congrès fédéral Audois repousse l'adhésion au nouveau parti communiste, dont les rangs se complètent en 1921 d'un nombre important de cheminots. A la suite d'une grève longue et difficile, qui se terminera par la révocation des grévistes, beaucoup de cheminots estiment avoir reçu un soutien insuffisant de la part de la municipalité.
Lors des législatives du 14 avril
1929, LÉON BLUM (futur chef du gouvernement du Front
Populaire) est élu député de Narbonne avec
54 % des voix.
En 1936, la région suit de très prés la
guerre civile qui fait rage en Espagne. De nombreux
français et européens rejoignant les brigades
internationales afin de défendre la république
espagnole contre le fascisme, font halte à la gare de
Narbonne.
A la fin de cette guerre, les réfugiés espagnols
fuyant l'armée de Franco arrivent en grand nombre dans
la région ; beaucoup d'entre-eux resteront dans le Midi
où ils seront intégrés malgré des
premiers temps difficiles.
Dès l'entrée en fonction du
gouvernement de collaboration de Vichy, après la
défaite de l'armée française, la
municipalité socialiste de Narbonne, ainsi que son maire
ACHILLE LACROIX, est révoquée.
Fin 1940, se constitue sur Narbonne le mouvement de
résistance "COMBAT", animé par l'ex-maire Achille
Lacroix. La répression se met aussitôt à
l'uvre, de nombreux résistants sont
arrêtés, livrés aux allemands,
emprisonnés puis déportés ou
fusillés.
En 1942, l'armée allemande envahit la zone sud, occupe
la région et fortifie une partie de la cote.
La ville de Narbonne est libérée le 19 août
1944, mais de nombreux résistants ne reviendront pas.
ACHILLE LACROIX est mort en déportation, FERNAND MERLANE
et beaucoup d'autres ont payé de leur vie le combat pour
la liberté et contre le fascisme.
Au lendemain de la guerre, socialistes et communistes se substituent aux radicaux dans la quasi-totalité des communes de la région. Narbonne aura une municipalité socialiste de 1945 à 1971.
La viticulture demeure l'activité
agricole principale. Toujours source de revenus, mais toujours
victime de crises et de difficultés liées
à la surproduction, mais aussi à la concurrence
des vins algériens et depuis la naissance du
marché commun des vins italiens.
Le mouvement viticole embrase régulièrement le
Midi par des manifestations dures allant quelquefois au drame,
comme le 4 mars 1976, où un fusillade oppose à
Narbonne (Montredon) vignerons et CRS faisant 2 morts et de
nombreux blessés.
Le vignoble s'est depuis tourné vers une restructuration
de fonds, faîtes d'arrachage massif de vignes et d'une
recherche de vins de qualité par l'apport de nouveaux
cépages.
La création d'activités nouvelles au lendemain de la guerre n'apportent pas de débouchés suffisants au niveau de l'emploi, l'exode rural vers les grands bassins d'emplois entraîne un ralentissement de l'évolution démographique de la région.
A partir des années 1960, le tourisme fait son apparition, le développement des congés payés amène de plus en plus de vacanciers vers le littoral méditerranéen. De nouvelles stations sont construites, Gruissan, Narbonne-Plage, Leucate... et font du tourisme une source de revenus très importante.
Développement du tourisme et décentralisation stoppe peu à peu l'exode rural et le Narbonnais s'engage alors vers une nouvelle évolution démographique. Le chômage fait revenir de nombreuses familles dans la région, mais de nombreux retraités reviennent également au pays ou attirés par la clémence du climat.
En 1971 le parti socialiste perd la ville de Narbonne où il était régulièrement élu depuis 1900, au profit d'une municipalité de droite conduite par un avocat, Maître Hubert Mouly.
Au cours des années 1980, Le Narbonnais se développe avec la création de zones industrielles et le "boom" du tourisme, la ville de Narbonne devient la ville la plus peuplée du département de l'Aude ; Elle détient malheureusement aussi la palme du chômage, avec un taux record et affolent de 17,6% de demandeurs d'emploi.